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Anna Buno « Fac-Similé »

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FAC-SIMILÉ est une œuvre produite et reproduite par Anna Buno.

Elle produit et reproduit une forme de manière systématique, jusqu’à ce qu’elles finissent par ne plus exister.

Il ne reste de l’original que des traces, des empreintes érodées, qui ne sont que les indices d’une forme primaire.
On se retrouve face à ces copies, à se questionner, à tenter de reconstruire dans notre imaginaire cette matrice disparue. Les copies se succèdent, se multiplient et se confondent ; c’est de par leurs différences et leurs ressemblances que l’on essaie de se former une image toujours imprécise de cette matrice disparue.

Mais cette image ne se créée jamais exactement, on reste en attente, comme emprisonné par la frustration de ne pouvoir reformer cette matrice inexistante, que l’on considère jusqu’alors comme l’œuvre perdue. On se veut responsable de sa reconstitution imaginaire, car elle est à notre esprit l’information originale. L’idéal qui se cache derrière l’imperfection de la copie.

Mais l’on ne peut se la figurer véritablement, un choix doit être fait ; se contenter d’une forme imparfaite qui ne vaut pas plus à notre esprit que les copies qui s’offrent à nos yeux. Ou bien, abandonner définitivement cette recherche de l’information primaire.

Si l’on se prend à l’abandon, alors cette myriade de copies prend une tout autre valeur, elles ne sont plus un moyen d’atteindre l’information, mais l’information elle-même.

Fac-similé n’est autre qu’un plaidoyer de la copie, trop souvent délaissée face à la noblesse de l’original qui se vante de sa préexistence. Mais pourtant la copie porte en elle toute l’information de la matrice d’origine, si ce n’est plus, car elle peut être modifiée, corrigée, là où l’original reste statique et sans vie.

Dès lors qu’on abandonne la recherche de la stabilité de l’original, la matrice que l’on s’était créée dans notre imaginaire devient ce que l’on veut supprimer de chaque copie. Comme un filtre nous permettant de voir les subtiles différences, créant un mouvement et une vie, là où une originale ne nous aurait procuré que stabilité et ennui.

Si ces copies sont les représentations d’un état des lieux, du travail créé à la « maison Gosselin » par l’artiste, on n’y ressent plus un état, mais des états qui sont les réflexions de la recherche faîte dans cette maison, de la vie entre ces murs. Car même une œuvre originale ne se créée pas instantanément, la recherche est une période de sélection vers la précision d’une matrice, et la copie nous refait vivre ce qui précède l’œuvre unique.

Tom Buno

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Camarade, l’oeuvre ciblée se situe juste au-dessus des cuisines à l’extrémité ouest du couloir principal de l’UFR des arts. Avec un peu de chance elle y est toujours exposée à l’heure où je vous parle.

Voici quelques précisions qui devraient vous aider à localiser la dite oeuvre.
Cette dernière se compose d’une feuille de papier blanc type : A4.
Il est fort probable qu’elle ai été effectuée par des étudiants logés dans la faculté d’Art. Cherchez donc une oeuvre relevant d’un certain amateurisme lorsque vous y serez.
Se trouve uniquement en son centre une ligne irrégulière tracée à main levée.
Sans doute effectuée à l’aide d’un stylo à encre gel noir à en juger l’apparence de celle-ci.
Nous pouvons affirmer avec certitude que la ligne mesure  6cm de long et est semblable à un électrocardiogramme.
D’après nos informateurs cette même ligne suit ce schéma :
1 trait simple, 2 traits double trois fois, 1 trait simple, un long  »U », 1 trait simple, 2 traits double trois fois, 1trait simple.
Nous ne savons pas si il existe plusieurs oeuvres comme celle-ci. Si cela s’avérait être le cas, rapportez nous un maximum d’informations. Celles-ci nous sont cruciales pour la suite des évènements.
Le temps presse camarade, j’espère que vous avez bien tout retenus et bonne chance.

Romain Grenier

 

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Déstructuré, saccadé, confus, autant d’adjectifs qui collent à la peau d’Anna Buno pour son travail présenté dans l’exposition Fac-Similé à l’UFR Arts d’Amiens. C’est après sa résidence à la maison Gosselin qu’Anna Buno entame un travail de mémoire architectural à travers une technique propre mêlant papier-carbonne et instantanés. La matrice de son travail met en lumière un geste à main levée, une accumulation de segments rigides, enfermant la composition entre des barreaux. Ces mêmes segments, par leur nombre apparaissent même vibrer, onduler à la manière d’une aurore boréale. L’artiste semble avoir mis en place un protocole lui permettant d’user le trait, d’en chercher l’essence dans son contraste. A la fois saturés et vides, ces plans faits de superpositions donnent à voir, par transparence, une mémoire intime du lieu dans lequel nous sommes invités à entrer.

Raphaëlle Levy

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