Sarah

(atelier Licence 3, Arts Plastiques)
 Sarah Annah Lasvignes
Collages de petites pièces mécaniques sur ce fond noir uni

avec La Machinerie – Fablab d’Amiens

Sur le thème de la récupération de petites pièces mécaniques et électroniques, exfiltration de celles-ci dans ce milieu naturel et leur réintégration dans un nouvel habitat.

Ces quelques bribes comme l’issue d’un abandon.

Ces quelques bribes pour la plupart considérées comme défectueuses, inadaptées à la continuité de leur fonction, habituées à un environnement sombre, enveloppé, ténébreux. Ces petites pièces sillonnent un long chemin, saupoudré d’obstacles, et cela jusqu’à leur nouveau domicile. Simple et lumineux mais aussi et surtout cette fenêtre ouverte sur le monde. Le cadre est un lieu de renaissance, de résurrection, ici elles ne seront alors plus invisibles, cachées, inexistantes, elles sont au centre de quelque chose de nouveau. C’est une nouvelle existence au cours de laquelle elles sont une à une caressées par les regards d’inconnus, de curieux. Cet espace prévu à leur effet leur offre une nouvelle visibilité, un peu plus sensible, un peu plus tangible, un peu plus ancrée dans un réel novateur. L’objet utilisé change alors de caractère, de tonalité, de nuance et son rôle se modifie, se fluctue, et se travesti. L’objet utile dans sa fonction de base devient alors autre. Le processus de l’agrandissement, permet de voir les détails et offre une dimension inusuelle, inhabituelle, rare, étonnante aux objets. L’invisible qui devient visible et manifeste.

La question de la ligne entre également en compte. Présenté sous la forme d’une série nous pouvons observer des cadres à l’intérieur desquels se trouvent positionnées ces petites pièces mécaniques. Toutes reposent sur une base horizontale, linéaire. Chacune dispose d’une nouvelle place, leur donnant plus d’intérêt, plus d’importance, plus d’ampleur, leur consacrant ainsi un petit peu de prestige, d’éclat, de grandeur.

Ces petites pièces peuvent se trouver très facilement dans certaines villes, notamment dans les capitales. Certains se séparent d’elles, n’imaginant pas la beauté qui réside en elles. Le plus fréquemment les autres les abandonnent dans la rue. Par une froide mâtinée de novembre 2016, nous sommes partis à leur recherche en cette ville d’Amiens. Petite métropole vide, trop propre et ces trésors insoupçonnés.

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